Si la musique est intemporelle le rire ne l'est pas; chaque époque a ses sujets, ses codes, ses "people".
Pour respecter l'esprit humoristique et satirique de l'œuvre j'ai choisi de l'ancrer dans notre époque. Si le personnage de la belle Hélène était créé aujourd'hui ce serait d'après Rihanna ou Carla Bruni-Sarkozy: des femmes à l'emploi du temps surchargé, entourées d'une foule de consultants et très exposées aux médias.
J'ai donc imaginé Hélène dans une antiquité "décalée" et suivie de toute une équipe travaillant sur son image: IFOP la coach médiatique, KATALOG le styliste branché, HOUPETT la maquilleuse, PILATES le coach training, PHOTOSHOP le styliste shooting et naturellement sa secrétaire particulière AGENDA et HOROSCOP, la Divine Devine. Plus une autre douzaine de personnages propres à créer l'effervescence qui accompagne la vie d'une star.
Bien que l'adultère se soit banalisé, Feydeau ou Labiche nous font encore rire aujourd'hui sur ce sujet car leurs pièces sont des mécaniques de précision, dans lesquelles tout s'enchaîne à un rythme trépidant. Dans une œuvre qui comporte une partie musicale il est difficile de maintenir le rythme du texte, constamment interrompu par celui propre à chacune des musiques. La partition de la Belle Hélène est d'une grande variété, juxtaposant un passage vif ("Au cabaret du Labyrinthe") à un solo "valseur" ("Au Mont Ida ") ou un duo langoureux ("Ce n'est qu'un rêve"). Coordonner le rythme de l'effet comique à celui de la musique ne sera pas le moindre des défis que propose la mise en scène de la Belle Hélène !
Eva David, mise en scène